1- INTRODUCTION :
La physiologie du sport et de
l’exercice étudie les fonctions du corps et de chaque organe. La physiologie de
l’exercice étudie les réponses des structures ou des fonctions de notre corps
lors d’une activité physique ponctuelle et/ou chronique. La physiologie du
sport utilise les concepts de la physiologie de l’exercice en essayant
d’améliorer les différentes fonctions dans un but de performance. Cette
précision terminologique est nécessaire pour comprendre que la physiologie de
l’exercice est la discipline de référence pour la physiologie du sport. Pour
notre part, nous ne ferons pas ce distinguo mais il est important de connaître
cette filiation.
Le mouvement humain a pour
origine l’action musculaire. C’est l’action des muscles (agonistes,
antagonistes, synergiques) qui va créer les mouvements synchronisés et
efficients. Le développement musculaire et son amélioration par un travail spécifique
auront donc un effet dans la réalisation du mouvement qui pourra être plus fort
(développement de la force), plus puissant (développement d’un mouvement fort
et rapide), plus endurant (développement d’un mouvement fort, rapide et
répété).
Le mouvement humain va nécessiter
une dépense énergétique. Les muscles vont donc avoir besoin d’un carburant pour
pouvoir agir. Cette énergie va être produite par trois processus différents.
2- LES DIFFERENTES SOURCES D’ENERGIE :
Toute énergie peut être transformée
en chaleur et donc, la quantité d’énergie libérée par une réaction biologique
pourra être calculée à partir de la quantité de chaleur produite (65% de
l’énergie du corps humain est libérée sous forme de chaleur, le reste en
travail mécanique).
L’énergie est stockée dans les
aliments sous forme de glucides, lipides et protéines. Ces composants sont
ensuite dégradés dans nos cellules et libèrent alors l’énergie stockée.
L’énergie en provenance des
aliments est stockée sous la forme d’un composé à haute énergie :
l’ATP(adénosine triphosphate).
A- Les trois
filières de production d’ATP(origine de l’énergie) :
La contraction
musculaire requiert la segmentation de la molécule d’ATP. L’ATP est l’élément
central de la contraction du muscle qui devra sans cesse être renouvelé pour
faire face aux besoins de l’activité physique. L’organisme ne dispose que d’une
réserve extrêmement réduite d’ATP. La quantité totale d’ATP à l’intérieur de la
cellule musculaire est limitée à 0.02 mmoles chez l’homme ce qui ne permet de
réaliser qu’un exercice
de 2 secondes à 70% de la Vo2 max. ou une
seule détente verticale par exemple.
Or, son niveau de réserve reste à peu près toujours le même. Il y a donc
resynthèse de l’ATP pour répondre aux besoins des muscles.
L’ATP est reconstitué
grâce à trois systèmes énergétiques :
- le système ATP-CP (anaérobie alactique)
- le système glycolitique (anaérobie lactique)
-
le système oxydatif (aérobie)
Chacun de ces systèmes à : - un délai d’intervention (inertie)
- une capacité (réserve totale d’énergie disponible)
- une puissance (quantité maximale d’énergie produite
par unité de temps)
- un rendement (rapport de
l’énergie effectivement utilisée pour le travail sur l’énergie libérée)
- un ou des facteurs limitant
a- Le système ATP-CP (processus
anaérobie alactique) :
La
production d’ATP se réalise à partir de la rupture de la molécule de phosphocréatine et ceci sans présence
d’oxygène (anaérobie) et sans production de déchets (alactique). Les réserves
de phosphocréatine étant peu importantes, elles seront rapidement épuisées et
le sportif devra utiliser d’autres processus de production d’énergie pour
prendre le relais.
Ce système permet de fournir instantanément
de l’énergie sans temps de latence mais il s’épuise très rapidement :
l’épuisement de la phosphocréatine entraînant l’épuisement de la production
d’ATP (les réserves de phosphocréatine au sein du muscle sont très faibles).
Ainsi, ce processus va permettre de fournir
de l’énergie au début d’un exercice très intense pendant 3 à 20 secondes.
> concerne les
efforts maximums de vitesse-détente
-
Délai d’intervention : immédiat
-
Capacité : faible : durée maximale de
30 secondes
(Intensité maximale)
-
Puissance : très élevée mais courte :
entre 3 et 10
Secondes (effort
explosif)
- Rendement : très faible (1 mole d’ATP produit
pour 1
Mole de CP)
-
Facteurs limitant : épuisement rapide des
réserves de
phosphocréatine nécessaire pour la
resynthèse
de l’ATP.
b- Le système
glycolytique (processus anaérobie lactique) :
La production de l’ATP se réalise à partir de la glycolyse, c’est à dire
de la dégradation du glucose transporté dans le sang et du glycogène
intracellulaires (15 à 20g/kg de muscle).
Cela
s’effectue en absence d’oxygène (anaérobie) mais avec la formation de déchets,
l’acide pyruvique qui deviendra en fin de chaîne de l’acide lactique.
> concerne les efforts intenses voir épuisants
- délai
d’intervention : environ 10 à 30 secondes
-
capacité : moyenne- de 2 à 3 minutes (intensité :
Supérieure ou égale à la
Vo2max=VMA=70
à 80 %
de la vitesse maximale)
- puissance : élevée mais relativement
courte-de 30
Secondes
à 1 minute (80 à 90%de
la vitesse maximale)
- rendement : faible (2 moles d’ATP
produits pour 1
Mole de glycogène)
-
facteurs limitants : accumulation d’acide
lactique dans le muscle et les compartiments liquidiens (jusqu’à 25 mmoles.kg
de muscle). Cette acidification (acidose) va inhiber la dégradation du
glycogène en altérant l’action des enzymes et donc va diminuer puis stopper la
production d’ATP.
. Elle
diminue également le pouvoir
contractile des fibres musculaires d’où
une diminution de
l’intensité de l’effort.
Important : L’acide
lactique n’est qu’une conséquence du métabolisme. Donc, plus on a d’acide
lactique, plus on a sollicité la filière, c’est à dire que la part produite par
ce processus est importante.
c- Le système oxydatif (processus
aérobie-cycle de Krebs) :
La production de l’ATP se réalise à partir
l’oxydation complète des réserves de glucides et/ou de lipides (acides gras).
Cela se réalise en présence d’oxygène (aérobie). L’utilisation complète des
réserves de glucides et de glycogène devrait permettre de donner 70 moles d’ATP
et devrait permettre de réaliser un exercice de 93 minutes à 70% de la Vo2 max.
Par contre, le stock de lipides permet de fournir de l’ATP pendant plusieurs
jours et il ne constitue pas un facteur limitatif pour un exercice d’une puissance
inférieure à 50% de Vo2 max (en réalité, la faible puissance de ce processus de
resynthèse fait qu’il est peu utilisé en compétition- pour une épreuve de 100
km à pied, les vitesses correspondent à 70% Vo2max). Les déchets produits sont
facilement éliminés : Co2, eau, chaleur. Pendant le temps d’inertie,
l’organisme contracte une dette d’oxygène aux dépend des processus anaérobies
qu’il devra rembourser en fin d’exercice ou en cours d’exercices en fonction de
l’intensité.
IMPORTANT :
Le remboursement de cette dette va correspondre au remboursement de la dette
alactique d’oxygène (20 à 30 secondes) : reconstitution des réserves de
C.P, reconstitution des réserves d’oxygène de la myoglobine, retour progressif
à une ventilation normale et de la fréquence cardiaque qui continuent de
consommer une quantité supérieure. Et au remboursement de la dette lactique
d’oxygène (de quelques minutes à 1h30) : oxydation du lactate produit au
cours de l’effort, resynthèse du glycogène dans le foie et le muscle
>
concerne les efforts endurants
-
délai d’intervention : de 2 à 3 minutes
-
capacité : très importante. De 3 minutes à
plusieurs
heures( intensité : 50 à 60% de
la vitesse maximale)
-
puissance : faible. Correspond à des efforts
de 3 à 6 minutes
(intensité :
de 70 à 75% de la vitesse maximale- au seuil aérobie). La puissance de ce
processus dépend de la consommation
maximale d’oxygène du sujet. Au cours d’un exercice d’intensité croissante, la
consommation d’oxygène augmente proportionnellement à l’augmentation de la
puissance de l’exercice, jusqu’à ce qu’elle plafonne à une valeur maximale
qu’elle ne peut dépasser même si la puissance augmente encore : il y a
saturation du système transporteur d’oxygène. Cette valeur s’appelle VO2 max.
ou PMA(puissance maximale aérobie). Chez l’adulte jeune sédentaire, VO2 max est
de 3l/mn(43 ml/kg/mn) et peut atteindre presque 6l/mn(80 ml/kg/mn) pour certains
athlètes.
-
rendement : très important (38 ATP produits
par molécule
de glucides)
-
facteurs limitant : la capacité aérobie est
théoriquement illimitée, compte tenu de l’importance des réserves oxydables de
l’organisme. En fait, celle-ci dépend non seulement des réserves en substrats (glycogène,
lipides et de l’aptitude à mobiliser les derniers) mais également de la
puissance de l’exercice et du niveau d’entraînement du sujet. Le but étant de
conserver le plus longtemps possible un pourcentage élevé de la PMA. Elle varie
entre 6 mn chez le sédentaire à 20 mn chez le sujet très entraîné pour un
exercice proche de la PMA. Exemple, à 80% de la PMA, le sédentaire s’épuisera
en 15 mn et l’athlète au bout de 2 h 30.
B- Une intervention
simultanée des métabolismes dans des proportions différentes
selon le temps de pratique :
- Les différents
processus vont se mettre en marche simultanément, leurs parts respectives
dépendant principalement de l’intensité et de la durée de l’effort. Le
métabolisme anaérobie alactique se met en marche immédiatement sans temps
d’inertie pour des efforts explosifs. Le métabolisme anaérobie lactique va se
mettre en marche immédiatement mais avec un pic de puissance à partir de trente
secondes pour un effort intense. Enfin, le métabolisme aérobie va se mettre en
marche progressivement (délai d’inertie de 2 à 3 minutes) pour des efforts
longs et modérés. Ainsi, TROUP (1984) a
déterminé la part des métabolismes aérobie et anaérobie pour différents types
d’épreuves durant les compétitions
de natation (pour valider le même tableau en course à pied, il suffit de
multiplier la distance par 4 puisque le coup énergétique de la course à pied
est quatre fois moins important qu’en natation) :
|
DISTANCES |
ANAEROBIE |
TOTAL ANAEROBIE |
TOTAL
AEROBIE |
|
|
%
alactique |
% lactique |
|||
|
50
mètres (< 30 sec.) |
60-75 |
20-30 |
80-100 |
0-20 |
|
100 mètres (< 60 sec.) |
25-30 |
40-50 |
65-80 |
20-35 |
|
200 mètres (< 2 min.) |
10-15 |
40-45 |
50-60 |
40-50 |
|
500 mètres (<5 min.) |
5-10 |
20-30 |
25-40 |
60-75 |
|
1500 mètres (<16 min.) |
5 |
5 |
10 |
90 |
Participations relatives aérobie et
anaérobie des différentes distances de nage
3- LES PRINCIPES GENERAUX DE
L’ENTRAINEMENT :
Les
programmes d’entraînement servent à produire des adaptations métaboliques,
physiologiques et psychologiques qui permettent au nageur de progresser. Par
exemple, lorsque l’entraînement sollicite la filière aérobie, le nombre et la
taille des mitochondries musculaires augmentent. Ceci permet donc au sportif de
fournir davantage d’énergie à partir du métabolisme aérobie.
Ainsi, les principes de l’entraînement sont
au nombre de 3 :
§ Le principe de
surcharge :
Pour que
l’adaptation se produise, les exigences de l’entraînement doivent dépasser les
exigences habituelles supportées par un mécanisme physiologique particulier. Ce
principe est très difficile à opérationnaliser car les exigences doivent être
suffisantes pour stimuler l’adaptation mais pas trop importante au risque de
conduire à un sur-entraînement ou blessure au plan physiologique et à la
saturation psychologique.
§ Le principe de
progressivité :
Un niveau de charge donné ne représentera une surcharge que tant
que l’organisme ne s’y sera pas adapté. Une fois l’adaptation réalisée, la
durée et/ou l’intensité de la charge doivent être augmentées pour qu’une adaptation
supplémentaire puisse se produire. Ce processus d’augmentation de la charge par
étapes constitue la base du principe de progressivité.
Effets de la surcharge et de la progressivité sur l’endurance aérobie
via la décroissance de l’acide lactique sanguin. Vitesse d’entraînement :
11,1 km/h puis 13,5 km/h.
Cet exemple montre clairement que pour
pouvoir améliorer leurs performances, les sportifs doivent augmenter leurs
vitesses à l’entraînement tout au long de la saison.
D’autres
solutions existent pour augmenter progressivement la surcharge. En dehors de la
vitesse d’entraînement, deux autres variables peuvent être modifiées pour
produire une surcharge : le volume d’entraînement et la densité
de l’entraînement.
Le
volume correspond au kilométrage effectué à l’entraînement. Ce kilométrage
peut être exprimé en distances par répétitions, en kilométrage journalier, en
kilométrage hebdomadaire ou en kilométrage parcouru durant toute la saison.
La
densité de l’entraînement correspond à la quantité de travail effectué en
un temps donné( l’augmentation ou la définition du temps de récup au sein de
chaque série constituant la clé de voûte d’une densité plus ou moins
importante).
Au final, surcharge et progressivité
peuvent être appliquées en augmentant une ou plusieurs de ces variables tout en
maintenant les autres constantes.
Augmenter la vitesse de nage sans diminuer
le volume et la densité de l’entraînement. Le même résultat peut être obtenu
par une augmentation du volume sans changement de vitesse ou de densité. Enfin,
le densité peut être augmentée en diminuant les temps de récupération entre
répétitions sans modifier la vitesse de nage et le volume.
§ Le principe de
spécificité :
Ce principe est également difficile à
opérationnaliser. Ce principe consiste à affirmer que les processus
physiologiques les plus améliorés par l’entraînement sont ceux qui ont été les
plus sollicités. Construire un entraînement qui se veuille spécifique, ce
n’est pas construire un entraînement ou le nageur ne nagerait qu’à des vitesses
correspondant à celles des compétitions. Un entraînement spécifique doit
prendre en compte les différents systèmes métaboliques qui fournissent de
l’énergie pour le remplacement de l’adénosine triphosphate(ATP) pendant les courses.
Aussi,
s’entraîner uniquement à la vitesse de compétition, c’est solliciter
prioritairement le système dominant au détriment des autres qui ne pourront pas
progresser dans les mêmes proportions. Ils ne pourront donc pas contribuer
autant à la fourniture d’énergie qu’ils auraient pu le faire.
Si
l’entraînement est réalisé prioritairement à vitesse de course, seul le système
anaérobie lactique sera le plus sollicité tandis que les deux autres le seront
beaucoup moins. Le système anaérobie lactique sera le plus sollicité par des
répétitions à vitesse de course, sur courtes distances, parce que ce système
joue un rôle limitant sur toutes les distances de compétition à vitesse de
course.
Ainsi, lorsque les répétitions sont
effectuées à vitesse de course, la fatigue provoquée par le système anaérobie
va limiter le volume de l’entraînement dans tous les cas sauf dans le cas du
1500 mètres. De fait, le système aérobie ne sera pas stimulé pour permettre une
adaptation optimale. De même, le système anaérobie alactique ne sera pas
suffisamment stimulé. En effet, pour s’améliorer et créer des surcharges sur ce
système, il faut nager à des vitesses supérieures à celles de compétition.
Trois types de
spécificité devraient être pris en compte dans l’entraînement :
a- L’entraînement
spécifique de la vitesse de course
b- L’entraînement
spécifique des fibres musculaires
c- l’entraînement
spécifique des systèmes énergétiques
Effets de
l’entraînement de sprint et
d’endurance sur les systèmes
énergétiques de l’anaérobie alactique(a), de l’aérobie(b) et de l’anaérobie(c)
On peut donc percevoir à travers cet
exemple qui décrit les effets de programme d’entraînement de sprint et
d’endurance sur les trois systèmes énergétiques qu’il est nécessaire de
concevoir des entraînements faisant travailler de manière spécifique les
systèmes énergétiques.
Comparaison des effets d’un entraînement aérobie sur un membre
entraîné
et non-entraîné
Une autre étude a montré qu’une jambe
entraînée avait vu ses performances augmentées en endurance de 340% et sa
Vo2max de 19,5%. La jambe non entraînée avait progressée respectivement de 151%
et de 10,5. L’amélioration des performances des muscles non-entraînées
s’expliquent par l’amélioration des capacités respiratoire et circulatoire qui
ont profité à l’ensemble de l’organisme.
Ces effets de
l’entraînement sont appelés « effet central » car tous les types
d’exercices y contribuent et permettent d’améliorer les performances dans
d’autres types d’exercices non-spécifiques.
A l’inverse,
d’autres types de changement concernent ceux se produisant au sein des seuls
muscles exercés : c’est l’ «effet périphérique ». Ces effets
sont très importants et des biopsies réalisées sur des muscles entraînés et
non-entraînés ont montré que les fibres utilisées à l’entraînement
augmentent : la taille et le nombre de leurs mitochondries, leur contenu
en myoglobine, leurs réserves en glycogène, ATP et PCr,, l’activité des enzymes
aérobie et anaérobie, la densité de leurs capillaires, leur capacité tampon,
leur contenu proteique.
De fait, les
nageurs doivent réaliser des entraînements spécifiques pour pouvoir progresser
de manière maximale. Ce sont donc les mêmes fibres musculaires qui doivent être
utilisées à l’entraînement et en compétition. De plus, les systèmes
énergétiques de ces muscles doivent être entraînés pour obtenir une adaptation
maximale. Ainsi, pour pouvoir aller plus vite, il faut nager et pas courir. De
plus, toutes les séries d’endurance ne doivent pas être réalisées en crawl mais
dans la nage la plus forte.
4- CONCEPTION ET ORGANISATION DE
L’ENTRAINEMENT :
Lors de la planification des
entraînements de haut-niveau, l’entraîneur essai d’individualiser au maximum le
travail technique et physiologique du nageur. L’impact physiologique de
l’entraînement va dépendre des zones dans lesquels le nageur évolue.
1- LES NIVEAUX
PHYSIOLOGIQUES DE TRAVAIL :
|
Zones d’effort |
Physiologie |
Lactates |
% de vitesse |
SERIES |
|
Zone1(récupération) < 130
|
Récupération |
2mml |
82% 87% |
Récupération active |
|
Zone 2(seuil aérobie) 130-150 |
2-4 |
90,5% 94% |
Echauffement |
|
|
Zone 3 (seuil anaérobie) 150-165 |
SALS |
4 mml |
96% 100%(SALS) Test des 30mn |
Volume: 1000à 4000mètres Temps de récup. Inférieur à 30 secondes |
|
Zone 4(mixte) 165-180 |
Mixte |
6-8 mml |
94% 96% |
Volume : de 800 à 3500mètres Temps de récup : inf érieur à
30 secondes |
|
Zone 5(VO2max) 180-190 |
Puissance aérobie(VMA) |
8-10 mml |
97% 100%(VMA) Test du 4OOm |
Volume : 500 à 3000 mètres Temps de récup : très courte dans la
série et importante entre les séries |
|
Zone 6(lactique) >190 |
Anaérobie lactique |
+ de 10 mml |
En fonction du meilleur temps du 50 et du
100mètres |
Volume : entre 300 et 1200mètres Temps de récup : court dans les
cassé et très long entre chaque série( 400 mètres récup.) |
|
Zone 7(alactique) |
Anaérobie alactique |
|
En fonction du meilleur temps au 25
mètres départ plongé |
Volume : entre 150 et 300 mètres |
Ces zones sont à
identifier suivant des tests précis qui permettent en les couplant à une prise
de lactates, de prévoir des zones de travail pour que le nageur puisse
progresser.
Ainsi, pour les
nageurs de bon ou de haut-niveau, la courbe d’évolution lactates/vitesses va se
déplacer sur la droite si l’entraînement est correctement adapté. Il y aura de
ce fait progrès.
Courbe
lactates(mml)/vitesse(m/s)
a- Définition
du Seuil d’Accumulation des Lactates Sanguins (SALS) :
La courbe lactates/vitesse met en
évidence l’inflexion marquée de la courbe à partir de 4mml de lactates. Ce
niveau de 4mml par litre correspond au seuil d’accumulation de lactates
sanguins. Il est facile de comprendre qu’en raison de sa forme exponentielle,
un déplacement vers la droite du SALS augmente proportionnellement le niveau de
pourcentage auxquels il est possible de travailler par rapport à la vitesse
maximale ou à la VO2 max.
Le SALS s’exprime en % par rapport à la
VO2max. Les différences seront alors très marquées entre un nageur moyen et un
nageur de haut-niveau. A 4mml, un nageur régional sera à 75% de sa VO2max alors
qu’un nageur international sera à 90% de sa VO2max.
L’amélioration du SALS permet
l’amélioration de la VO2max mais aussi une diminution du niveau de production
de lactates.
L’aide de la prise lactates n’est pas
opérationnalisable dans le milieu scolaire. Aussi, avec certaines classes de la
troisième à la terminale (enseignement commun ou de détermination, option
facultative, AS, parcours diversifiés et croisés, sections sportives,
préparation au baccalauréat), il est possible d’identifier le SALS.
-
Le Test des 30 minutes :
Ce test consiste
à nager durant 30 minutes à la meilleure moyenne possible. C’est à dire le plus
vite possible mais à une cadence régulière de nage. Il faut donc évaluer la
régularité des 100 mètres et si les consignes sont respectées, les nageurs ne
peuvent pas nager à des vitesses supérieures à celles du SALS. Ensuite, on
obtient la vitesse à laquelle on se trouve au SALS.
Par exemple, un nageur réalisant 2000m
en 30 minutes aura une vitesse au SALS de 1,1 m/s car vitesse = D/T soit 1mn 50
au 100 mètres.
A partir du SALS,
on peut donc calculer les vitesses pour les zones 1, 2, 3.
Par exemple, en
zone 1, le nageur sera en : 110 X 1,18 = 129,8 soit 2’09 au 100mètres en
zone de récupération.
Ainsi, dans les entraînements,
travailler au SALS signifiera respecter le temps identifier grâce au test des
30 mn. Nager à cette vitesse permettra d’améliorer et de repousser le SALS(en
respectant bien entendu les impératifs de volume, d’intensité et de repos entre
les répétitions).
b- Définition
du travail mixte :
Ce sont les séries qui mobilisent à la
fois les métabolismes aérobie et anaérobie lactique. Cet entraînement peut se
situer à deux niveaux : le premier correspond à un travail aérobie avec la
participation d’un pourcentage du métabolisme anaérobie lactique qui va prendre
progressivement plus d’importance. Le deuxième où l’utilisation du métabolisme
anaérobie lactique est plus importante. C’est le volume des séries en fonction
de la récupération, plus où moins importante par rapport au volume qui va nous
permettre d’être dans un domaine où dans l’autre.
Pour évaluer les
vitesse de cette zone, on utilisera le test de 400 mètres.
c- Définition
de la puissance aérobie :
Les exercices
proposées sont durs et difficiles pour le nageur qui doit fournir un effort
maximal de type aérobie tout en résistant à l’accumulation d’acide lactique qui
tend à limiter la contraction musculaire et qui provient d’une forte
mobilisation des ressources anaérobies. Il faut être préparé pour profiter de
ce type de série. Il faut avoir développé les capacités aérobies générales et
beaucoup travaillé au SALS avant de les aborder. En scolaire, dans les sections
sportives ou les options en particulier, ce travail ne sera effectué qu’après
un long travail au SALS.
-
Le test de 400 mètres :
La réalisation
d’un 400 mètres à vitesse maximale mais en veillant à la régularité des 100
mètres permet d’identifier la Vitesse Maximale Aérobie (VMA). Cette vitesse se
situe au maximum de la consommation d’oxygène (VO2max). Va permettre de
déterminer les vitesse pour les zones 4 et 5.
Par exemple, un nageur réalisant 6’30 au
400 mètres, sa VMA sera de 1,02 m/s (V=D/T).
d- Le lactique :
Correspond à un
travail en capacité ou en puissance anaérobie lactique. L’effort est très
difficile. L’aptitude à fournir ce type d’effort est fortement conditionné par
l’état physique du moment dépendant lui-même du travail aérobie effectué. Il
est difficile de proposer ce type d’exercices en milieu scolaire (manque
d’acquis techniques et temps de pratique insuffisant).
e- L’alactique :
Correspond à un
travail de vitesse pure et explosif. Il est possible de pratiquer en scolaire
ce type d’exercices qui est en plus perçu comme ludique et très motivant
(australienne, départ plongé,…).
2- LES SERIES D’ENTRAINEMENT (ou la
base des progrès en natation de
compétition) :
a- Conception et
mise en place d’une série :
Pour concevoir
une série, il faut :
. zone de travail
. préciser la technique, nage complète,
bras ou jambes
. le volume global de la série(temps
consacré à la série)
.
la distance de nage
. le nombre de répétitions
. le temps des récupérations
. l’intensité
Exemple :
niveau 2(aérobie), crawl, nage complète, environ 26 mn,, récup : 30
secondes,4 X 4OO mètres
AU NIVEAU
SCOLAIRE ON PRIVILÉGIERA LE TRAVAIL EN ZONE 2, 3, 4, et 7 TOUT EN SACHANT
QUE CE TYPE DE TRAVAIL SUR LA PHYSIOLOGIE DE L’EFFORT EST FORTEMENT DEPENDANT
DU TRAVAIL TECHNIQUE EFFECTUE ET NOTAMMENT DE L’OPTIMISATION DU RAPPORT
AMPLITUDE/FREQUENCE.